Gilbert de Keyser  la filiere equestre

 

 

Définition du métier

Le droit des assurances est une discipline récente, même si la prise de conscience collective d’un besoin de sécurité est déjà ancienne. Le souci du lendemain et le dessein de l’avenir sont le propre de l’homme, et c’est cela qui fait naître en chaque homme le besoin de sécurité optimum.

L’histoire de l’assurance est récente, puisqu’elle repose sur une technique mathématique élaborée au 17e siècle. Le Moyen-Âge a connu des formules d’assurances, en particulier avec le « prêt à la grosse aventure » : le commerçant prêteur n’avait aucun droit à remboursement en cas de perte des marchandises mais en revanche, il participait aux bénéfices lorsque le navire revenait au port, chargé de marchandises rares. C’est aussi à cette époque qu’apparurent les premières mutualisations dans le cadre des corporations d’ouvriers, de marchands ou d’artistes...

C’est à Londres, en 1766, après un incendie terrible qui avait ravagé la ville et détruit 13000 maisons et cent églises dans plus de 400 rues, que furent crées les premières compagnies d’assurance contre l’incendie. Au cours des trois derniers siècles divers types d’assurance se mirent en place selon les besoins nouveaux jusqu’au concept d’assurance sur la Vie (aujourd’hui très répandue) ou comme l’assurance de la Responsabilité civile qui est liée au Code civil et à la responsabilité que chaque citoyen a envers les tiers et qui s’étend à tous les incidents de la vie courante : accidents du travail, incendies, accidents de la circulation...

Première activité économique du pays avec plus de 800 milliards de chiffre d'affaires et 250.000 professionnels, l'assurance a réalisé un développement considérable ces trente dernières années. Les besoins croissants en couverture de biens et de personnes, mais aussi de nouvelles activités comme les placements financiers en sont la cause.

Dans le domaine équestre, il existe de nombreuses raisons de s’assurer sur un plan prodfessionnel : obligation de sécurité, obligation de moyen (appelée également obligation de prudence et de diligence) en ce qui concerne le vétérinaire, le maréchal-ferrant ou le moniteur, obligation de résultat en ce qui concerne le transporteur qui doit vous rendre votre cheval dans le même état que celui dans lequel il était quand il est parti.

De même, le cavalier doit s’assurer pour pratiquer en toute sérénité : rappelons q’un cavalier qui blesse un cycliste représente une responsabilité quasi délictuelle (conduite défectueuse ayant entraîné un dommage non recherché).

Aujourd’hui, de même que des avocats se spécialisent, certains assureurs deviennent des références dans le monde du cheval par affinités, par concours de circonstance ou tout simplement pour répondre à l’appel d’offre de fédérations sportives pour leurs adhérents.

Face à des contrats plus complexes précédés de négociations techniques, l'assurance fait appel à des professionnels qualifiés auxquels s’imposent donc des formations de bon niveau adaptées au marché.

Aujourd’hui, 425 compagnies d’assurance existent... Le réseau français se partage entre 4 500 courtiers et 12 000 agents d’assurances représentant les compagnies. Ces deux professions sont distinctes :

  • le courtier a une fonction pédagogique, en plus de son acte commercial ; il représente et défend le client auprès de la compagnie ;

  • l’agent est lié à la compagnie ; il défend davantage celle-ci que le client ; il a donc moins de marge de manœuvre.

La vente des assurances est réglementée mais l’ouverture d’un commerce d’assurance n’est soumise qu’à l’exigence d’une certaine expérience et à la participation à un stage de formation. Comme dans la plupart des métiers, seul le responsable doit posséder les connaissances et les niveaux obligatoires. Ces contraintes ne sont pas imposées aux employés. Ainsi, n’importe qui peut être salarié d’une entreprise vendant des assurances.

Comme pour beaucoup de métiers, des formations initiales ou continues ont été mises en place. Selon les âges et les préférences, on peut choisir entre la formation initiale dans les lycées, une formation privée en école spécialisée, une formation après le baccalauréat en faculté de droit ou une formation continue pour des adultes accueillis dans les centres de formations professionnelles.

Ministère concerné par la formation

Les formations et les diplômes sont gérés par le Ministère de l’Education nationale. Toutes les formations concernant les assurances ne sont pas obligatoirement homologuées par l’Etat.

Condition d’accès à la formation supérieure

Pour ceux qui souhaitent accéder à une qualification supérieure, la réussite au baccalauréat est indispensable. Ensuite le candidat doit être admis dans une école privée assurant une formation professionnelle préparant au brevet de technicien supérieur (BTS) en assurance.

Formation

Le brevet de technicien supérieur en assurances (BTS) convient parfaitement aux attentes des professionnels, tant par ses programmes techniques et généraux que par son côté pratique qui permet d'être opérationnel rapidement. Il se prépare en formation initiale (avec un stage de 10 semaines en entreprise vous permettant de préparer l'épreuve orale de conduite et préparation d'activités professionnelles), en formation continue (avec un contrat de qualification signé avec une entreprise) ou par correspondance.

Le programme du premier cycle se fait en deux ans (BTS). Le contenu de cette formation est complet.

  • Assurance de dommages : responsabilité civile, assurance construction, automobile, transport, incendie, risques divers.

  • Assurance de personnes : protection sociale et régimes de retraite, assurances individuelles, accidents-maladies, assurance vie-capitalisation.

  • Techniques commerciales : distribution des produits d'assurances, marketing, organisation d'une action commerciale, prospection, prise de rendez-vous, négociation, vente et suivi de clientèle.

  • Droit des assurances : le contrat d'assurance, la réglementation des entreprises d'assurance, les intermédiaires.

  • Économie et organisation de l'assurance : notion de risque, organisation du secteur professionnel de l'assurance, intervention des pouvoirs publics.

  • Enseignement général : économie générale, économie d'entreprise, droit général, comptabilité/gestion, mathématiques appliquées, outils bureautiques, français, anglais.

Diplôme

Brevet de technicien supérieur en assurances (BTS).

Emploi

Pour être assureur, l’agrément d’une compagnie d’assurance est la toute première étape, que l’on soit courtier (activité libérale) ou agent (travaillant et représentant une seule compagnie). On peut être salarié d’une entreprise ou se mettre à son compte en créant une société (SARL ou SA). L’emploi ne manque pas dans cette branche, surtout si on est spécialisé dans l’assurance des chevaux.

Les métiers : Les professionnels recherchent des collaborateurs polyvalents, sachant écouter et conseiller le client, formuler une proposition commerciale et gérer le suivi des dossiers. Les différents postes sont les suivants :

  • Chargé de clientèle : il gère le portefeuille de clients, de la proposition commerciale au suivi technique du dossier. Commercial sédentaire, il est chargé du développement de la clientèle.

  • Collaborateur d'agence : au sein d'un cabinet d'assurance, il seconde le responsable dans la gestion technique et administrative des dossiers.

  • Rédacteur/Gestionnaire : dans une société d'assurance, il établi et adapte les clauses du contrat en fonction des besoins du client, gère et règle les sinistres.

  • Conseiller en assurances : commercial de terrain, il participe à l'organisation d'actions commerciales et conseille ses clients.

  • Agent général : professionnel libéral mandaté par une compagnie d'assurance, il assure la gestion et le développement de son cabinet. Il suit toutes les étapes de la vie d'un contrat, de la souscription au règlement des sinistres.

  • Courtier : professionnel indépendant, il est mandaté par le client pour rechercher le contrat le mieux adapté auprès des compagnies d'assurances. Il est généralement spécialisé dans le risque d'entreprise.

  • Inspecteur : professionnel expérimenté, il recrute, forme et anime un réseau de distributeurs.

Les emplois : On trouve facilement des emplois dans cette branche mais pas toujours dans le domaine du cheval. La demande est en tout cas parfaitement supérieure à l’offre et ce à tous les niveaux : sociétés d'assurance, banques, mutuelles, cabinets de courtage, agents généraux, grandes entreprises, collectivités locales.

Point de vue : comme d’autres métiers liés au cheval mais non nécessairement au monde des cavaliers, le choix de travailler dans les assurances pour les chevaux est un bon moyen de rester en contact avec les équidés. Par ailleurs, parler des chevaux sans en connaître les races, ni la nature des accidents fréquents, ni les risques liés aux activités spécifiques ne sera pas un gage de grande qualité professionnelle. On peut d’ailleurs noter que les plateaux téléphoniques des grands courtiers ont ce type de problème : beaucoup de ceux qui vous parlent ne connaissent rien au cheval. Toutefois un professionnel de l’assurance qui connaît un peu l’élevage, monte à cheval, part en randonnées ou fait un peu d’attelage comprendra toujours ce qu’un client viendra lui raconter : il ne confondra pas un poney fiord avec une voiture Ford ! En conclusion, si l’assurance et le cheval vous intéressent, n’hésitez pas.

   
   
   
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