Gilbert de Keyser  la filiere equestre

 

 

On compte plus de 500 000 chevaux en France, et il faut noter que l’effectif des équidés est en hausse depuis une douzaine d’années avec plus de 20% de juments poulinières et 35% d’équidés en plus. Cette hausse est sans doute le fruit d’un meilleur recensement. Pour gérer et rentabiliser tout ce cheptel, de véritables filières professionnelles ont été mises en place en France, intervenant depuis la production jusqu’à la transformation, ou bien pour la commercialisation de ses différentes utilisations. On dénombre ainsi plus de 50 000 emplois en France dans ces filières, appartenant à tous les domaines : agriculture, environnement, courses, loisirs, sports, etc.

Le nombre de chevaux qui a d’abord subi une baisse certaine au milieu du XXe siècle en raison de la motorisation, est de nouveau en augmentation suite au développement des pratiques équestres de sports, de loisirs et de courses.

Les races de chevaux, d’ânes et de poneys reconnues en France sont au nombre de 41. L’élevage se concentre dans le Nord-Ouest mais peu à peu, il se généralise sur toute la France (source : Haras nationaux, Equ’idée n° 42).

On trouve (source : Observatoire économique et social du cheval - 2002) :

  • 9 races de chevaux de trait, réparties dans le Nord de la France : le comtois, le breton, le percheron, l’ardennais, le cob, le boulonnais, le trait du nord, l’auxois et le poitevin ;
  • 9 races de chevaux de sang : le pur-sang, le trotteur français, l’arabe, l’anglo-arabe, le selle français, le cheval camarguais, le cheval de Mérens, le cheval de Castillon, le cheval de selle (le selle français et l’anglo-arabe sont les deux races françaises de chevaux les plus répandues) ;
  • 12 races de poneys : le poney français de selle, le poney du Connemara, le haflinguer, le fjord, le potock, le welch, le new forest, le shetland, l’islandais, le landais, le dartmoor, et le highlands (avec un développement important dû à l’essor de l’équitation sur poney) ;
  • 6 races d’ânes : l’âne de Provence, l’âne du Poitou, le grand noir du Berry, l’âne des Pyrénées, l’âne du Cotentin et l’âne normand (l’engouement du public pour ces animaux est frappant, sans doute attisé par le bon travail de promotion des associations de races) ;
  • 8 races de chevaux étrangers : le barbe, l’arabe-barbe, le lipizzan, le lusitanien, le shagya, le trackener, le quarter horse, l’appaloosa.
  • 26 575 chevaux de galop sont à l’entraînement pour 2050 salariés.
  • 14 967 chevaux de trot sont à l’entraînement pour 1446 salariés.
  • animation et accompagnement (34%) ;
  • entretien (33%) ;
  • enseignement (26%).

On compte en moyenne 2 juments par éleveur. Le cheval est un produit commercial agricole, mais il est clair que les éleveurs sont souvent des amateurs, hormis ceux qui possèdent des chevaux de courses. L’insémination artificielle est de plus en plus pratiquée, avec, en corollaire, une diminution des saillies faites en liberté. Les élevages équins sont de petites tailles et les emplois générés sont aléatoires :

  • 1 emploi pour 14 chevaux chez les trotteurs,
  • 1 emploi pour 26 chevaux pour les chevaux de selle,
  • 1 emploi pour 26 chevaux pour les élevages de poneys,
  • 1 emploi pour 20 chevaux dans les chevaux de trait.

On compte environ 72 000 personnes travaillant d’une façon ou d’une autre dans l’élevage équin plaçant ainsi cet élevage comme le secteur de la filière générant le plus d’activité (source : Observatoire économique et social du cheval)

On peut noter que les chevaux occupent aujourd’hui une place réduite dans l’agriculture, l’effectif était de 362 000 en 19982.

Les ventes de chevaux se font de gré à gré ou aux enchères. Ces ventes ont généré un chiffre d’affaire de 60 millions d’euros (400 millions de francs) en 1998. Les ventes de pur-sang sont les plus importantes, en nombre et en valeur financière, suivies par celles des trotteurs et enfin, très loin derrière, par les ventes de chevaux de sport1.

Les courses constituent un ensemble organisé et s’appuient sur 250 sociétés de courses. Ces activités génèrent plus de 1 300 emplois. En 1998, 16 332 courses ont eu lieu, sur 257 hippodromes, rassemblant 25 500 chevaux différents au cours de 2 332 journées de courses. Ces activités ont permis de distribuer 250 millions d’euros (1,7 milliard de francs) d’encouragement (prime). On trouve actuellement 1764 entraîneurs professionnels et 1125 amateurs.

Six millions de personnes ont parié en France en 1998 et ont joué 5,5 milliards d’euros pour des courses. La prise de paris génère 17 550 emplois dont plus de 2 050 salariés permanents.

En France, on estime à plus de 1 million et demi le nombre de cavaliers (dont 700 000 licenciés, comprenant 80 % de femmes), pratiquant en club ou chez eux. On dénombre 5 328 établissements équestres (source FFE 2001).

Beaucoup pensent que la filière équestre ne génère que peu d’emplois, certainement par le fait que la plupart des entreprises sont associatives et que les activités sont souvent prises en charge par des bénévoles. En réalité, les chiffres d’une enquête faite par les Haras nationaux montrent le contraire : il y a dans ce secteur beaucoup plus de salariés qu’il n’y paraît. En effet, 70% des établissements équestres emploient des salariés (les autres, 30%, fonctionnent sans recourir à l’embauche de salariés). Les fonctions de salariés dans l’entreprise se répartissent équitablement entre :

Les contrats de travail sont pour 45% à durée indéterminée et 67% à temps plein. C’est dire que 55% des contrats de travail de ce secteur sont à durée déterminée et 23% sont à temps partiel ! Les emplois d’accompagnement et d’animation sont essentiellement féminins (53%) tandis que les emplois de palefreniers sont plutôt masculins (61%). 70 % des entreprises proposent l’enseignement de l’équitation[1].

On trouve également dans les métiers du cheval des vétérinaires spécialisés (300 personnes), des maréchaux- ferrants (les artisans et leurs employés représentent au total 950 personnes), des marchands de elles (2 500 personnes dont 2 000 salariés), des formateurs et des chercheurs (600 emplois), les personnels des Haras nationaux (1 000 personnes), les fabricants d’aliments (100 sociétés produisant 150 000 tonnes d’aliments) et tous les autres secteurs comme les assurances, la presse spécialisée, les spectacles, etc. On ne peut ignorer tous les salariés intervenant dans la filière de la transformation de la viande de cheval : 33 800 tonnes de viandes ont été consommées en France sur une année, en 2001. La production française n’est que de 7 900 tonnes (correspondant aux 37 500 chevaux abattus en 1998). La France importe 30 768 tonnes. La production nationale ne représente en 1998 que 28% de la consommation du pays. Notons que la consommation de viande de cheval est en baisse (- 9% en 1995), tout comme celle des autres viandes rouges[2].

Au total, le secteur économique appartenant aux différentes filières du cheval est important bien qu’il soit loin d’être majeur dans notre pays. Il représente plus encore beaucoup d’investissements psychologiques et affectifs, peut-être plus importants que les réalités économiques et professionnelles.

   
   
   
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