Gilbert de Keyser  la filiere equestre

 

 

L’idée d’écrire un livre, puis des sites Internet  concernant l’ensemble de la  filière équestre est à coup sûr née d’un besoin d’information, besoin d’autant plus criant lorsqu’on constate les difficultés du citoyen de base cherchant des renseignements sur les formations professionnelles.

Evidemment, on peut aujourd’hui aller surfer sur les quelques sites Internet qui s’ingénient à lister les métiers, mais la plupart ne sont pas exhaustifs, ni forcément simples d’utilisation, même si l'usage d'Internet a évolé depuis la première apparition du site www;lesmétiersducheval.com en 1998. La difficulté pour accéder à cette information oblige les gens à courir de ministère en ministère, de service en service, de syndicat en fédération, sans pour autant trouver les vrais réponses aux questions posées pour un cursus, une filière, une formation.

Nous sommes soucieux de créer un véritable outil d'information, sans ostentation, ni assujettissement à de quelconques organisations : ministères, fédérations ou syndicats. En revanche, nous avons une obligation de réussir, nécessitant alors un véritable travail de concertation, une mise à plat des problèmes, une recherche des données et leur stockage. Durant des années, les métiers du cheval ont été confrontés à une sévère absence de contrôle des autorités administratives et des représentations socioprofessionnelles. Il faut dire que ce milieu, à l’origine fortement élitiste a longtemps freiné ”des quatre fers” pour échapper aux restructurations professionnelles subies en France depuis un demi-siècle. Par exemple, s’installer maréchal-ferrant ne nécessitait qu’un seul diplôme fédéral jusqu’en 1995. Depuis les professionnels ont rendu obligatoire l’obtention d’un CAP pour s’établir comme artisan.

Quelques acteurs de ce secteur pointent du doigt ces anomalies depuis des années, mais pot de terre contre pot de fer, les choses ne changent que lentement.

Le premier syndicat à être intervenu est la Fédération nationale du cheval, partie équestre de la puissante Fédération nationale agricole. Un autre syndicat, l’APTE-France regroupant des anciens adhérents de la FREF et de l’ANTE a ensuite agi. Pourtant, une structure professionnelle a vraiment fait avancer les dossiers : le Groupement hippique national (GHN). D’abord association de professionnels, le GHN est devenu un vrai syndicat d’employeurs.

Le regroupement des syndicats de salariés et des représentants des exploitations équestres a permis la création de la Commission nationale paritaire des établissements équestres, et cela malgré l’opposition de certaines structures professionnelles. Cette commission s’est mise au travail et a inventé des règles qui régissent aujourd’hui la vie professionnelle équestre. Comme beaucoup d’autres secteurs économiques, les acteurs socioprofessionnels des filières « cheval » ont dû peser de tout leur poids dans un contexte politique centralisé. Ceci a permis de faire évoluer un fonctionnement d’abord figé vers plus de mobilité et de cohérence avec le monde d’aujourd’hui. Ce mouvement n’en est qu’à ses débuts.

Les temps ont donc changé : peu à peu, comme bien d’autres milieux professionnels, les métiers de ce secteur sont de plus en plus réglementés quant aux formations qualifiantes, au droit à l’exercice de ces métiers et aux modalités d’activités. Toutefois, en dehors de la fonction d’accompagnateur équestre contrôlé par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, et en dehors des métiers de la santé (vétérinaire par exemple), tout citoyen peut encore exercer un métier du monde du cheval dès lors qu’un employeur lui a signé un contrat. Il pourra par la suite acquérir une formation et passer les diplômes qui lui conviennent.

La loi du 20 juillet 1992 instaure un nouveau droit : la validation d’acquis d’expériences (VAE). Elle reconnaît que l’activité de travail produit des compétences au même titre que la formation. La mise en place de ce dispositif au Ministère de la Jeunesse et des Sports est récente. Le décret et les arrêtés datent de février et de mars 1999 .La validation des acquis professionnels (VAP) correspond aux processus et aux procédures permettant l’obtention d’un diplôme, d’un titre homologué ou d’une qualification reconnue par la convention collective ou par la CNPE de l’emploi d’une branche professionnelle.

La VAE permet aux personnes qui n’ont pu bénéficier de validations officielles au cours de leur formation initiale de se voir reconnaître leurs compétences actuelles, quels qu’en soient les modes d’acquisition. Elle s’inscrit donc dans un processus de valorisation des individus et de formation tout au long de la vie. La VAE permet de raccourcir des parcours de formation. Celle-ci nécessitait de justifier de trois années professionnelles (voir les textes sur la VAP.

La nouvelle loi sur le sport (28 février 2000) permet d’obtenir tout ou partie du diplôme et de prendre en compte trois années d’expérience en tant que bénévole. Par ailleurs on peut espérer que les travaux de la Commission paritaire aboutissent à des propositions pertinentes prenant enfin en compte des formations et des diplômes existant depuis une vingtaine d’années mais systématiquement écartés jusqu’alors : les diplômes d’accompagnateur et de guide de la Fédération des randonneurs équestres (FREF), de guide professionnel de Formatour (APTE France) et aujourd’hui les diplômes fédéraux d’accompagnateur de tourisme équestre (ATE) et de guide de tourisme équestre (GTE) qui cessent définitivement d’être homologués au 31/12/2002 (texte du Ministre de la Jeunesse et Sport).

Nous avons relevé différentes interventions de représentants syndicaux pour aider chacun à forger sa propre réflexion sur ce que pourrait devenir ce secteur économique.

Sans doute le livre puis ce site ont ils fait réfléchir tous les professionnels, individualistes forcenés ou bien acquis à des solutions transversales, afin qu’ils rejoignent les représentations syndicales contribuant à l’émergence des nouvelles règles de gestion des métiers du cheval qui sont indispensables au développement et à la stabilité de ce secteur d’activité.

   
   
   
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